Bien vivre au RER.


La bonne pratique de la Maçonnerie Rectifiée conduit le Maçon à rejeter hors du chantier de la construction du Temple, comme autant d’obstacles sur le chemin de la Jérusalem Céleste ; son Orgueil, son Égoïsme, sa recherche des Honneurs er des Places, sa lâcheté, son besoin d’Imposition d’Autorité (qu’il n’a pas, ou pas eu dans ses contextes familiaux ou professionnels), les diverses formes d’antagonisme, tous défauts qu’il considérera comme des travers graves pour l’édification du monde intérieur et chassera comme contraires au climat de sainteté qui distingue les bonnes Loges Rectifiées et comme opposés à l’esprit chrétien.

Bien vivre le RER, c’est naturellement avoir l’esprit à éteindre les tensions, à éconduire les ambitieux , à éviter les conflits.

Bien vivre le RER, c’est remplacer les procès d’intentions  par les crédits d’intentions, se conduire en “Élus”, en vrai fils de la lumière, fidèles et dévoués à l’esprit de fraternité. Dans la communauté des frères , il ne doit et ne peut y avoir nulle méfiance des uns envers les autres, aucune crainte d’être trompé, manipulé, exploité par son frère.

Car, en Loge Rectifiée, comme à l’extérieur, la parole, l’intention, les relations entre les frères sont placés sous la seule autorité de Dieu, donc de la fraternité, illuminées par le chemin qui conduit à la révélation du haut et Saint Ordre et de sa clé de voûte. Les Supérieurs de l’Ordre doivent y veiller avec autorité et bienveillance sauf à perdre leur légitimité spirituelle.

Il restera que si l’union spirituelle et l’amour fraternel viennent à manquer, les moyens dont dispose le RER pour produire les effets de l’Initiation, le rituel, les juridictions, les textes doctrinaux ne parviendront pas à grand chose, sinon produiront des effets de contre-initiation.

Bien vivre la Maçonnerie Rectifiée, c’est orienter toute sa vie de Maçon vers la charité, la bienveillance, sous toutes ses formes, la tempérance, la justice, et c’est oeuvrer en toutes circonstances à produire des fruits de vraie fraternité. A défaut, de traduire naturellement en règles de vie constantes et pratiques de travail en Loge, ces vertus qu’ils n’hésitent pas pourtant pas à professer publiquement ou à les asséner à d’autres, sinon à s’en servir pour accuser leurs frères, certains ne feraient que dissimuler  de noires pulsions sous la blancheur innocente de leurs tablier ou la lumière éclatante de leurs blancs manteaux !

Le RER, ainsi bien compris, bien vécu et bien transmis, restera le témoin actif d’une Maçonnerie proche des origines, spirituelle, profonde, puissante par sa capacité édificatrice.

Les pratiquants du RER pourront, dans cette perspective d’une Maçonnerie rectifiée bien vécue, voir dans la fraternité construite par l’initiation bien plus qu’une attitude morale ou de convenance. C’est une nécessité à la fois ontologique et eschatologique pour parvenir au perfectionnement de la Création, et partant, à l’édification spirituelle de la Jérusalem Céleste, laCité Sainte, signe final de la Rédemption.

Les Maçons Rectifiés auront alors produit, selon les préceptes du Rite, des fruits de fraternité authentique, et pourront recevoir, en plénitude, tant dans leurs coeurs que dans la cité des hommes, quand les temps seront venus, le Grand Architecte de l’Univers, comme récompense de leur travail.